Juillet-Août 2026 - Que le droit jaillisse comme un cours d’eau et la justice comme un torrent qui n’arrête jamais de couler livre du prophète Amos 5,24
Ce verset ouvre les propositions de lectures quotidiennes du mois juillet dans le calendrier Pain quotidien. Quel rafraîchissement de le lire alors que les températures caniculaires de cette fin de mois de mai rendent le travail pénible même dans la pénombre d’un bureau pastoral ! Je plains ceux qui ramassent les fraises dans les serres ou les couvreurs et autres travailleurs en extérieur. L’eau et ses facultés hydratantes n’a jamais été aussi nécessaire, convoitée, en danger de tarissements dans les nappes phréatiques surexploitées et les contrées du monde ravagées par la déforestation.
A l’avenir, l’eau sera aussi précieuse que l’or.
Il en est de même pour la justice déjà maintenant.
Le prophète Amos en parle de manière curieuse. Pas d’image de statue aux yeux bandés portant une balance aux deux plateaux parfaitement horizontaux. Pas d’évocation d’une quelconque assemblée de sages impartiaux et intègres. Pas de représentation d’un Dieu tout auréolé de ce qui manque à l’humanité. Pas de référence non plus à un beau texte universel déclarant les Droits de l’Homme. Non, le prophète utilise l’image d’un cours d’eau jaillissant, d’un torrent qui ne s’arrête pas de couler.
La justice comme quelque chose qui jaillit : quelque chose de spontané, de non maîtrisé… comme un cri, un sursaut. Face à l’injustice, à l’implacable réalité de mal qui broie les humains sans défense, le prophète parle du droit qui, contre toute attente, intervient, réagit, agit. A l’image des psaumes faisant faire monter vers Dieu les cris de détresse, les révoltes du cœur et de l’âme, les appels au secours. Le droit non pas comme des lois et de décrets mais le droit comme une réaction viscérale parce que maintenant : « ça suffit !!! ». Qu’il nous soit donné d’être habité, mu par cette rage là, cette énergie jaillissante !
Le torrent ne s’arrête pas de couler. Aucun obstacle n’a raison de lui. Il ne tarit pas. Il est éternel. En utilisant cette image pour parler de la justice, le prophète affirme que la justice est éternelle et qu’elle s’exerce, qu’elle s’exercera coûte que coûte, quoiqu’il arrive.
Il s’appuie pour cela sur sa foi en un Dieu miséricordieux. Le droit et la justice triompheront parce qu’il en va de l’honneur et de la volonté de Dieu.
Que ces paroles au cœur de cet été qui s’annonce brûlant nous stimule et nous mobilise contre l’injustice.
Pasteur Valérie Mitrani